Esprits brisés en territoire Anishnabe – La Loi du Silence

Alors qu’on assiste, à la lente désintégration des peuples amérindiens marquée par une mortalité infantile plus élevée que la moyenne canadienne, un chômage chronique, un niveau de pauvreté sans comparaison avec le reste du pays, et des violences autodestructrices, quelques parcelles d’espoir pointent à l’horizon.

Les Anishnabes (Algonquins) des Hautes-Laurentides et du Témiscamingue, comme bien d’autres nations amérindiennes, n’ont jamais cédé leurs droits sur leurs terres, mais ils sont souvent exclus des décisions regardant la gestion du territoire ce qui contribue à perpétuer cet état de dépendance envers le gouvernement, ainsi qu’engendrer de la colère, de l’impuissance et un état d’esprit brisé (Broken Spirit).

La perte d’identité culturelle et individuelle, la pauvreté, le chômage, les répétitions générationnelles, l’utilisation de drogues et alcool seraient parmi les causes de violence dans les communautés autochtones.
Malgré tout, des Anishnabes, hommes et femmes, se mettent à parler dans leur processus de guérison, pour briser le cycle générationelle et protéger les jeunes générations. Mais sommes-nous prêt à les écouter?

Au-delà des politiques, historiques et actuelles, les Canadiens partagent le même territoire que les Amérindiens depuis plus de 400 ans. Pourtant, très peu visitent les communautés et ils ne connaissent des Premières Nations que très peu de chose de leur vie quotidienne, en dehors des statistiques sur les problèmes sociaux ou des images folkloriques.

Ce projet, toujours en évolution, a pour but de documenter la réalité des Algonquins et autres nations du plateau laurentien en témoignant des situations sociales, économiques et culturelles, mais surtout en saisissant la vie au quotidien de ces nations méconnues, mais pourtant si importante dans l’histoire du Canada.

S’Il est important pour les Anishnabes de briser la Loi du Silence afin de pouvoir avancer dans leur processus de guérison, il est tout autant primordial que la société canadienne brise aussi la Loi du silence qui garde ces voisins de toujours dans l’ombre et l’indifférence.

L’essai photographique (Finaliste aux Grands Prix du journalisme indépendant 2009)

Une galerie photographique illustrant le travail documentaire.

Le voyage de Frank  – Un documentaire multimédia, Finaliste aux Grands Prix du journalisme indépendant 2012. (extrait public – film complet en accès limité)

Voici une de ces histoires. Celles de Frank, un artiste Algonquin. Ayant vécu une vie de souffrance, de violence et de toxicomanie, il poursuit sa route vers la guérison de l’âme, par l’expression de son art. Il a partagé une partie de son histoire avec moi, afin de vous la faire connaître. De vous faire entrer un peu dans la vie d’un Anishnabe.

Le reportage écrit (Extrait public – texte complet restreint)

Extrait d’un texte de 3000 mots:

2008 – En remontant une rue du village, je remarque immédiatement ses yeux en amande, ses pommettes saillantes et son large sourire. Les conversations avec Eva tournent à la blague et elle s’esclaffe comme à chacune de mes rencontres avec elle. Même les problèmes de santé d’Eva Moushoom sont sujets de blagues. “Une chance que je ris, dit-elle. Rire, aider d’autres femmes du village et élever mes filles du mieux que je peux, voilà ce que je fais de mes journées. J’ai encore beaucoup de chemin à faire, mais je sais que je vais mieux et mon packsack s’allège.”

Pourtant, son sac à dos était très lourd à porter. Eva est une Algonquine de 39 ans vivant dans une petite communauté  de 250 habitants du Témiscamingue, dans le Nord-ouest québécois. Elle s’est  décidée à parler après une vingtaine d’années à retourner sa colère contre elle et à se taire. Elle raconte à ses enfants ce qui lui est arrivé à 17 ans.

“Quelqu’un de mon entourage m’a violé. Dans la douleur et la honte, j’ai quitté mon village. J’y retourne très rarement, raconte-t-elle.”

Eva a vécu une vie de souffrances suite à cet événement. Drogue, alcool et périodes dépressives l’ont presque tuée. Depuis un an, elle essaie de se reprendre en main.

“Même si la vie est dure, je dois continuer. J’ai quatre filles qui me  suivent. En parlant de ce que j’ai vécu, j’espère leur éviter ces souffrances. Je me retrousse les manches et je fonce. Je me lève le matin et demande au créateur de me donner encore la force de continuer.“

Eva n’est pas seule dans cette situation. Selon les statistiques de Santé Canada, 29% des femmes sur les réserves et établissements ont vécu de la violence sexuelle. Mais ces chiffres semblent conservateurs si on les compare à “l’Étude sur l’abus sexuel chez les Premières Nations du Québec” par le Groupe de recherche et d’interventions psychosociales en milieu autochtone (GRIPMA) (…)

Pour plus d’information, communiquez avec nous

L’exposition

Une exposition de tirage d’artiste encadré pouvant être configurée sur mesure, elle a été présentée en 2012 à la Galerie du Rift au Témiscamingue, Québec ainsi qu’au Festival Photo 2012 de Angkor au Cambodge.

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