Détroit de Davis

En ressortant de la baie de Frobisher, nous bifurquons vers le Nord, dans le détroit de Davis. Pendant quelques jours nous naviguons tantôt au large du Groenland, tantôt nous revenons en eaux canadiennes vers la terre de Baffin. La couverture de glace, son épaisseur et les stations des activités scientifiques guident notre cap. La couverture de glace est de plus en plus impressionnante. Le navire se transforme en charrue et en bulldozer pour se frayer un chemin à travers les lignes de faiblesse du pack de glace.

Depuis hier midi nous voguons sur une mer de Baffin très calme. Nous sommes à mi-distance entre la terre de Baffin et le Groenland. Si hier la lumière était magique et la surface de la mer lisse comme un miroir, ce matin le regard porte moins loin. À quelques brasses se dresse un mur de brouillard seulement transpercé par le son de la corne de brume. Nous traverserons le cercle arctique ce soir.

Le passage du cercle polaire est un moment très symbolique. La brume le précédent ne fait qu’ajouter au mystère. Je songe à des moments charnières de ma vie et j’ai le sentiment, qu’ici aussi, ça en est un. Y aura-t-il autre chose que le cercle arctique que je traverserai? Comme les explorateurs d’autres fois, je me dirige vers l’inconnu…

Avec le passage du cercle arctique, vient aussi l’initiation des nouveaux. Il paraît qu’on est un vrai marin qu’après avoir traversé le cercle arctique. Mais ce que je sais, c’est qu’on va se payer ma gueule pendant trois jours avec une parodie des initiations militaires.

Le même soir que nous recevrons notre certificat du passage, le navire s’arrête pour une station de recherche parmi les glaces… sous le regard intrigué d’un ours polaire. Après un moment à nous observer, il s’occupe d’un phoque qu’il vient de tuer quelques minutes avant notre arrivée.

Marc-André Pauzé
Marc-André Pauzé est un reporter photographe primé, artiste-voyageur et auteur, qui s’est donné une mission, celle d’explorer, documenter et raconter l’humain par la photographie documentaire et le croquis, afin d’informer, mais aussi pour rendre hommage et ne pas oublier. Il a ramené de ses voyages une grande quantité de récits et d’images. Il nous raconte l’histoire de l’action humaine à l’aide de son oeil, son coeur, sa plume et sa caméra.

One Response to “Détroit de Davis

  • Lisette phoenix
    3 months ago

    Juste te dire que tu m’impressionnes par ces belles photos et ce que mon imagination pense ce que tu vis. Extraordinaire. Xx

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