Robert Capa – Les photos du Jour-J

(Vous pouvez passer d’une photo à l’autre en utilisant les flèches en bordure.Ajuster la page avec votre curseur. Cette fenêtre viens du site Magnum Photos)

6 juin 1944. Débarquement de Normandie. Rappelez-vous le début du film “Saving Private Ryan”. Les balles allemandes sifflent partout autour des soldats alliés. Plusieurs sont transpercés comme de vulgaires tas de viande. Les soldats étaient là, résultat d’une grande stratégie des hauts gradés alliés. Ils n’avaient pas le choix. Mais une personne était volontaire. Un photoreporter, un seul a osé suivre les soldats de la Compagnie “E”. Robert Capa. Dès que l’opération fut terminée, il envoya ses films avec un bateau qui retournait à Londres et de là, au bureau de LIFE Magazine. Des 108 photos prises, seulement 11 furent sauvéesLe préposé au développement, impressionné par ce qui se révélait à ses yeux dans les bains de trempage, se trompa dans les calculs de temps et de température et détruisit les autres photos. Même celles qu’il sauva étaient floues. LIFE pour ne pas avouer son erreur, mit ça sur le fait que le photographe, dans le feu de l’action, tremblait. John G. Morris, aujourd’hui agé de 100 ans, était le directeur photo de LIFE et il se rappelle très bien cette journée qui fit entrer Capa dans la légende(1)

Un interview de John G. Morris, éditeur photo de Life Magazine en 1944, décrit l’ambiance entourant le jour “J” et les circonstance entourant l’attente des négatifs de Capa au bureau de Life.

“Robert Capa” est né à Paris à l’âge de 22 ans. Il était arrivé quelques années plus tôt en tant que réfugié politique. Avant de devenir Robert Capa, il s’appelait André Friedman de Budapest. Depuis son arrivée à Paris, il essayait de survivre en tant que photographe de presse lorsqu’il fit la rencontre d’une autre réfugiée, Gerda Taro. Ils tombèrent amoureux et celle-ci entreprit de vendre ses photos. Comme cela ne fonctionnait pas à son goût, Gerda suggéra de créer un personnage légendaire. Friedman devint donc un grand photoreporter américain, baroudeur, riche et très célèbre: Robert Capa.Les photos se vendirent bien plus et Friedman, devenu Capa, se mit à suivre tous les grands conflits. Taro s’initia aussi à la photo, et ensemble ils documentèrent la guerre d’Espagne. Capa y gagnera une reconnaissance mondiale, Taro restant dans son ombre.

Mais le 28 juillet 1938, elle partit seule suivre les combats et mourut, écrasée par un char d’assaut. Capa apprit la nouvelle sur la chaise du dentiste, en lisant le journal. Il fut dévasté…

Ensuite, il ne s’arrêta pas, vivant dans les hôtels, gambler, fêtard et fréquentant les grands de l’époque comme Picasso, John Steinbeck et Ernest Hemingway. Il eu une idylle avec Ingrid Bergman pendant deux ans et la suivit à Hollywood quelque temps. Il dira en quittant la Mecque du cinéma: “Hollywood est le plus gros merdier que j’ai vu”

En 1947, il fonda avec trois amis rencontrés à son arrivée à Paris, Henri Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodgers, la coopérative de photo Magnum.Jusqu’à lors, les photos n’appartenaient pas à leurs auteurs, mais avec Magnum, cela changea.

Capa devint le prisonnier de son personnage et continua de courir les guerres jusqu’à ce qu’il marche sur une mine en Indochine, le 25 mai 1954. Ce fut une guerre de trop!

Depuis 1955, le Prix Robert Capa Gold Medal (Médaille d’or Robert Capa) est remis pour « le meilleur grand reportage photographique publié ayant requis un courage et une logistique exceptionnels » (Best published photographic reporting from abroad requiring exceptional courage and enterprise). Cette médaille fait honneur au personnage et à une de ses citations célèbres: “Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près.

En janvier 2008, trois valises contenant de nombreux négatifs de Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour, présumés détruits, datant de la guerre d’Espagne furent retrouvées au Mexique et remit au Centre international de Photographie de New York fondé par Cornell Capa (1918-2008), le frère de Robert.

Un documentaire relatant cette histoire a été produit: “The Mexican Suitcase”

Liens:

L’agence de photoreporter Magnum 

Films :

Part 1:


Robert Capa reporter photographe de geurre par CyberPeople

Part 2:


Robert Capa reporter photographe de geurre par CyberPeople

Part 3:


Robert Capa reporter photographe de geurre par CyberPeople

(1) N.B. En 2015, un historien de la photo a rédigé un long article mettant en doute la légende des photos de Capa lors du jour-J.  Le journal Le Monde fait la synthèse de cette polémique.

Marc-André Pauzé
Marc-André Pauzé est un reporter photographe primé, artiste-voyageur et auteur, qui s’est donné une mission, celle d’explorer, documenter et raconter l’humain par la photographie documentaire et le croquis, afin d’informer, mais aussi pour rendre hommage et ne pas oublier. Il a ramené de ses voyages une grande quantité de récits et d’images. Il nous raconte l’histoire de l’action humaine à l’aide de son oeil, son coeur, sa plume et sa caméra.

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