Lecture de mon enfance

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Un extrait des récits avec lesquels j’ai grandi…

“L’intimité dans laquelle nous vivions se prêtait étrangement aux confidences (…) À son contact j’apprenais à respecter le silence du trappeur durant le jour et à me déplacer furtivement dans les sous-bois (…). Ce n’était que le soir, ou les jours de tempête, que les conversations s’engageaient dans la tente, à la bonne chaleur du petit poêle à bois. Au cours des longues soirées d’hiver, seuls tous les deux dans notre petite tente, nous veillions à la lueur de la chandelle. J’écoutais religieusement le récit de sa vie d’Indien. La senteur du bon tabac canadien, mêlée à celle de notre couche de branches de sapin, conférait à nos entretiens une atmosphère des plus poétiques.”
– Paul Provencher, Le dernier des coureurs des bois, décrivant sa vie partagée avec son guide innu, Uapistan.

Après avoir rencontré une femme-trappeur à Parent, un village de la Haute-Mauricie, je retournai à mon logement en pensant à mes lectures de jeunesse où je savourais, comme elle, les écris de Paul Provencher. Né en 1902, cet ingénieur forestier, a passé sa vie sur la Cote-Nord à vivre avec les Innus et explorer ses vastes contrées. Il est l’un des derniers à avoir vu les majestueuses chutes Churchill au Labrador avant qu’une grande partie de la rivière soit détournée pour alimenter les turbines de la centrale hydroélectrique souterraine des chutes Churchill. Il s’est éteint en mars 1982 après avoir consacré plus de cinquante ans de sa vie à explorer et à faire connaître, par des conférences, des cours et la rédaction de plusieurs livres et articles, ce coin de pays qui lui était si cher.

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An extract of the stories which I grew up with …

“ The intimacy in which we were living, strangely lent to confidences. (…) to his contact I learned to respect the silence of the trapper during the day and to move stealthily in the undergrowth of the forest (…). It was only in the evening, or on days of storm, that the conversations undertook in the tent, to the good heat of the little wood stove. During the long winter evenings, only the two of us in our little tent, we stayed up to the glow of the candle. I was listening religiously to the narrative of his Indian life. The scent of good Canadian tobacco, mixed with that of layers of pine needles on the ground, gave our talks an atmosphere of the most poetic.”

– Paul Provencher, the last of the “coureurs des bois”, describing his life shared with his Innu guide, Uapistan.

After having met a woman-trapper in a village of the backcountry, I returned to my house, thinking of my childhood reading where  I also read books by Paul Provencher. Born in 1902, a forest engineer, he has spent his life on the North Coast to live with the Innu and explore their vast lands. It is one of the last to have seen the majestic Churchill Falls in Labrador before most of the river was diverted to power the turbines of the underground hydroelectric power station at Churchill Falls. He died in March 1982 after spending more than fifty years of his life exploring and raising awareness through lectures, courses,  books and articles, for this part of the country that was so dear to him.

Marc-André Pauzé
Marc-André Pauzé est un reporter photographe primé, artiste-voyageur et auteur, qui s’est donné une mission, celle d’explorer, documenter et raconter l’humain par la photographie documentaire et le croquis, afin d’informer, mais aussi pour rendre hommage et ne pas oublier. Il a ramené de ses voyages une grande quantité de récits et d’images. Il nous raconte l’histoire de l’action humaine à l’aide de son oeil, son coeur, sa plume et sa caméra.

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