L’abbaye

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Photo M-A Pauzé

Lorsqu’on arrive à Joliette par l’Est ou le Sud, on traverse tout d’abord la rivière L’Assomption. En approchant du pont, l’ancien bâtiment du collège de Joliette se profile sur la Rive-Nord de la rivière. Derrière, le clocher de la cathédrale s’élève comme une flèche vers le ciel. En empruntant le boulevard Visitation, on passe devant le collège. On reconnaît bien la pierre taillée, grise, de la plupart des anciens bâtiments religieux du Québec. Puis, on passe devant la façade de la cathédrale pour poursuivre notre route vers le nord. Sur le terrain adjacent à la cathédrale, on devine au travers des grands conifères, un autre grand bâtiment, de pierres de calcaire bosselées avec une teinte légèrement rosée et aux allures moyenâgeuses. Depuis que je suis enfant que j’appelle ce bâtiment ; l’Abbaye.

À la fin du jour, la pierre taillée se réchauffe pour prendre une teinte rose-orangé. C’est à ce moment que j’ai passé hier, comme je le fais presque chaque jour que je suis en ville. Mais cette fois-ci, je bifurquai pour prendre l’entrée qui mène vers l’imposante structure, maison provinciale des Clercs St-Viateur, dont l’architecture s’inspire des bâtiments religieux normands et allemands, comme l’abbaye bénédictine de Saint-Georges-de-Boscherville construite au 12e siècle, et l’église allemande de Frielingsdorff.

C’est en 1847, 16 ans après leur fondation près de Lyon, en France, que trois viatoriens arrivent au Québec et s’installent à Joliette pour prendre possession du Collège construit quelques années auparavant et fonder le Séminaire de Joliette. Ils construisirent aussi un noviciat sur les terrains adjacents.

L’abbaye, conçu par le père Wilfrid Corbeil (1893-1979) a succédé au noviciat original qui a passé au feu en 1937. Homme de grands talents, le père Corbeil était éducateur, peintre, architecte, décorateur, musicien, animateur culturel et homme de lettres. Pour le nouveau noviciat, il décida de concevoir un imposant bâtiment dont les colonnes et les voûtes de forme ogivale rappellent l’architecture du Moyen Âge. Les nombreux pignons, la tourelle fenêtrée et les ouvertures archées dans les passages couverts viennent compléter l’architecture médiévale de cette grandiose construction dont la pierre de recouvrement vient directement des rives de la rivière qui traverse la ville.

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Wilfrid-Corbeil
Le père Corbeil dans son atelier.

Photo: F. Bruno Hébert, c.s.v

Le père Corbeil, aussi architecte du scolasticat de théologie, maintenant siège du centre multiservice de la commission scolaire des Samares  ainsi que du Musée d’art de Joliette, rénové en 2015, a rédigé un texte intéressant sur son parcours d’architecte et sa démarche l’ayant amené à concevoir le noviciat. Aussi, ce document pdf présente la vie et l’oeuvre de l’artiste.

Je décidai donc de sortir mon carnet et de dessiner le bâtiment, avec la ferme intention de mettre le croquis en couleur un peu plus tard, en soirée. En quelques minutes, j’exécutai le croquis, puis je retournai à la Jeep, et je passai devant l’immeuble et ressortis sous le couvert des branches de conifère, avant de rentrer chez moi.

Marc-André Pauzé
Marc-André Pauzé est un reporter photographe primé, artiste-voyageur et auteur, qui s’est donné une mission, celle d’explorer, documenter et raconter l’humain par la photographie documentaire et le croquis, afin d’informer, mais aussi pour rendre hommage et ne pas oublier. Il a ramené de ses voyages une grande quantité de récits et d’images. Il nous raconte l’histoire de l’action humaine à l’aide de son oeil, son coeur, sa plume et sa caméra.

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