La chaumière au fond des bois.

English version here below (after videos)

Février 2016 – Je suis enfin de retour dans la vieille maison de pièces sur pièces. Une vieille maison de 1850 en pleine forêt où, l’an passé, j’avais vécu pendant 5 semaines, entre deux séjours prolongés dans le Grand Nord. Malgré l’isolement vécu pendant ces séjours à Kangiqsualujjuaq, j’étais si bien dans cette chaumière, que j’en sorti très peu. J’avais d’ailleurs écrit à ce moment, que plus rien n’avait de l’importance à part les tâches, le bien-être de la maisonnée, du bois sec pour le feu et les visites de mes enfants.

Peut-être est-ce là un avant goût de mes vieux jours, où je déposerai mes sacs?

Au moment où j’ai écrit ces lignes, je ne savais pas ce qui s’en venait. Trois semaines plus tard, j’étais évacué d’urgence du Grand Nord et un an plus tard je suis encore en convalescence (mise-à-jour: ma convalescence aura duré 21 mois avant d’être complètement rétabli).

Comme l’an passé, les jours sont régulés par les tâches de base. Au lever, il faut partir le feu dans la cuisinière à bois et faire le déjeuner. Puis je vais fendre du bois avant de revenir me réchauffer dans la maison avec mon chien husky qui s’endort rapidement sous la table. Remarquez que le bois réchauffe son homme plusieurs fois; quand on le coupe, quand on le fend, quand on le corde et quand on le chauffe.

Pendant que je travaille à la table près de la fenêtre, les flocons de neige éparses se fraient un chemin entre les branches de sapins et tombent lentement, pendant que plus loin la cascade entame sa tumultueuse symphonie et que l’eau poursuit son inexorable descente vers le fleuve.

En après-midi, Vincent et moi allons en forêt. Pour suivre les traces de mon grand-père Ovila, je vais lui montrer comment bien choisir un arbre et l’abattre à la hache, le découper en longueur et le ramener près de la maison. Il y a un savoir qui se doit d’être transmis de génération en génération et lui aussi trouvera que le bois peut réchauffer plusieurs fois.

Après une soirée près du feu avec mon fils, ma fille, mon gendre et leur petite Rosalie, je vais me coucher. Je suis fatigué, mais le sommeil ne vient pas. Étendu dans mon lit, la fenêtre à guillotine entre-ouverte, la rivière chante en s’engouffrant sous la glace. C’est sûrement une bonne raison de ne pas dormir.

I’m finally back in the old log house. An old ancestral house from 1850 in the forest where, last year, I had lived for 5 weeks, between two extended stays in the Far North. Despite the isolation experienced during these stays in Kangiqsualujjuaq, I was feeling so good in this house, that I came out very little. I also wrote at that time that nothing mattered except the tasks, the welfare of the household, dry firewood and the visits of my children. Perhaps is this a taste of my old age to come, when I’ll put down my bags?

At the time of this writing, I did not know what was coming. Three weeks later, I was medevacked from the North in emergency and a year later, I’m still in recovery. (update: my recovery took 21 months before I was totally back on my feet)

Like last year, the days are regulated by the basic tasks. At sunrise, we must start the fire in the wood stove and make our breakfast. Then I’ll chop wood before returning to warm myself in the house with my husky dog, which falls asleep quickly under the table. Note that wood warms his man several times; when cut, when we pile it and when heated. While I am working at the table near the window, scattered snowflakes find their way between the branches of pine trees and fall slowly, while the cascade began its tumultuous symphony, and the water continues its inexorable descent toward the St-Lawrence River.

In the afternoon, Vincent and I are going into the forest. To follow in the footsteps of my grandfather Ovila, I’ll show him how to pick out a good tree and fell it with an axe, cut in length and bring it closer to home. There are skills that must be transmitted from generation to generation and Vincent will also find that wood can heat several times.

After an evening by the fire with my son, my daughter, my son-in-law and their little Rosalie, I’m going to bed. I’m tired, but sleep does not come. Lying in bed, the window half open, the river sings, rushing under the ice. It is surely a good reason not to sleep.

Marc-André Pauzé
Marc-André Pauzé est un reporter photographe primé, artiste-voyageur et auteur, qui s’est donné une mission, celle d’explorer, documenter et raconter l’humain par la photographie documentaire et le croquis, afin d’informer, mais aussi pour rendre hommage et ne pas oublier. Il a ramené de ses voyages une grande quantité de récits et d’images. Il nous raconte l’histoire de l’action humaine à l’aide de son oeil, son coeur, sa plume et sa caméra.

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